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Le pour et le contre de la construction en CLT
Un logement de caractère conçu par Adaptief, l’atelier d’architecture durable.

Le pour et le contre de la construction en CLT

Même si le proverbe dit que nous avons une brique dans le ventre, la construction en bois gagne en importance. La construction avec des panneaux massifs en CLT (Cross Laminated Timber, ou bois lamellé-croisé) en particulier est en plein essor. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec l’architecte Laurent Vanhaverbeke, du cabinet Adaptief, un jeune atelier d’architecture durable qui ose réaliser des conceptions dans une optique écologique, avec qui nous avons pu aborder les opportunités et les avantages de cette méthode, mais aussi les défis et les solutions possibles.

La frontière entre intérieur et extérieur s’estompe grâce à la grande porte vitrée.

Vivre consciemment en connexion avec la nature, dans une habitation durable au look contemporain. Telle était la demande soumise par le maître d’ouvrage de cette habitation en CLT récemment réceptionnée à Aalbeke au cabinet d’architectes gantois Adaptief. Derrière Adaptief se cachent Laurent Vanhaverbeke et Florence Desmedt, qui suivent leur propre voie depuis deux ans maintenant. Leur cabinet met l’accent sur l’architecture écologique et durable en partant d’une vision très développée du climat et de la société. Pour ce faire, ils adoptent une stratégie de conception adaptative et destinée à défendre les enjeux climatiques, intégrant au maximum des matériaux de construction écologiques et biosourcés. Et la construction en bois trouve parfaitement sa place dans cette approche.

Les éléments de toit hybrides assurent un look uniforme de la construction en CLT, jusqu’au niveau du faîte.

La construction en bois : une question de durabilité et de valeur esthétique

Que la construction en bois (utilisant naturellement du bois certifié FSC provenant de forêts bien gérées) est un choix durable ne doit plus être démontré. Ce matériau naturel et renouvelable est de surcroît un excellent isolant. En plus d’être léger et robuste, il n’émet que de faibles quantités d’azote. Comme l’explique Laurent : « Qui plus est, les habitations en CLT peuvent même être considérées comme des tampons de stockage de CO2. Un arbre absorbe du CO2 de l’atmosphère qui reste stocké dans le bois de construction, même après l’abattage ». En outre, le bois a un effet positif sur le cadre de vie, et le CLT offre des avantages en termes de conception et d’esthétique. « Si l’on compare avec la construction à ossature bois, la méthode CLT permet de réaliser des structures bien plus fines », ajoute Laurent. Autre avantage : à l’intérieur, le bois fait directement office de finition et n’a en principe pas besoin d’être peint, enduit ou revêtu de plâtre pour obtenir un bel effet. Laurent poursuit : « Le CLT est fabriqué en bois de pin qui peut jaunir sous l’effet des rayons UV. Si le client souhaite éviter cette décoloration, nous optons pour un blanchissement qui donnera un résultat plus clair et plus subtil. Mais vous pouvez aussi opter pour une teinte plus foncée, par exemple pour créer un mur d’accent. Les possibilités sont très nombreuses ».

Le bois a un effet positif sur le cadre de vie.

Peser le pour et le contre

Les inconvénients de la construction en CLT ? Sur le plan de l’acoustique, le CLT s’en tire un peu moins bien, même si ce problème se pose surtout pour les logements collectifs. Laurent précise toutefois : « Dans un logement unifamilial, le confort acoustique du CLT suffit, mais nous prévoyons tout de même un découplage acoustique entre les différents étages ». Un autre point d’attention est évidemment le prix. La construction bois a la réputation d’être plus chère. « Les matériaux de construction coûtent en effet plus cher, mais vous pouvez faire des économies à d’autres niveaux. Au bout de compte, le coût de construction final est plus ou moins similaire à celui d’une habitation traditionnelle. Il est avant tout possible de réaliser des économies sur les finitions, en laissant le CLT apparent à l’intérieur. Nous pouvons aussi garder le contrôle sur les coûts des matériaux et les frais de transport en prenant des décisions de conception adaptées, toujours en concertation avec l’entrepreneur. Pour les panneaux de très grandes dimensions, des transports supplémentaires ou plus chers peuvent être nécessaires, et nous essayons de les éviter. Les petits panneaux exigent quant à eux plus de montage. Nous devons bien peser le pour et le contre. »    

Le bois a un effet positif sur le cadre de vie.

Construction rapide

Ce qui nous amène naturellement à un avantage important qui permet de réaliser des économies sur les coûts de la construction en CLT : la rapidité de la construction. « En cinq semaines environ, un logement unifamilial en CLT peut être rendu étanche à l’eau et au vent. Dès que nous connaissons le délai de livraison des fenêtres, nous établissons un planning est nous coordonnons la construction en fonction de ces données. » En revanche, bien sûr, les travaux préparatoires sont un peu plus conséquents et intensifs pour l’architecte. Quand on construit en CLT, il faut déjà tenir compte de toutes les techniques dès la phase de conception. Cet impératif ne limite-t-il pas la flexibilité ? « En soi, il y a peu de marge de discussion ou d’erreur sur le chantier. Tout est déterminé dans le moindre détail au préalable, y compris l’électricité et l’éclairage. Tout est intégré dans le BIM, ce qui permet de dessiner le plan CLT définitif, et le bois est ensuite directement fraisé. Bien entendu, cette manière de procéder nécessite une concertation intensive en amont. Mais cette approche réduit aussi le stress, que ce soit dans le chef du maître d’ouvrage ou de l’architecte. Tout doit être tranché en temps utile. Ce qui ne veut pas dire qu’aucune adaptation ne peut être apportée sur le chantier. Ajouter une prise ne pose pas de problème, mais les modifications restent limitées. »

L’amour du bois sans nuances

Cette maison du Courtraisis combine la durabilité au confort moderne, pour créer une habitation de caractère. En ce qui concerne l’isolation, les parois en CLT ont été dotées à l’extérieur d’un squelette en bois non porteur rempli d’isolant en fibres de bois. « Nous choisissons toujours des matériaux d’isolation écologiques et perméables à la vapeur, comme un isolant en fibres de bois ou les flocons de cellulose, une isolation chaux-chanvre ou un isolant à base de coton », complète Laurent. La construction du toit est particulière : l’architecte a eu recours au système pour plafonds et toits Novatop Elements, ce qui a permis d’éviter de travailler avec une poutre faîtière. Ces modules peuvent être remplis d’isolant et présentent à l’intérieur une finition avec une fine couche de CLT, pour un aspect uniforme dans la maison. Laurent défend ce choix : « Le CLT standard n’était pas une option ici, à cause de son poids. Nous devons tenir compte de la force considérable exercée par les deux plans inclinés sur les murs extérieurs. L’utilisation d’une structure de toit hybride plus légère permet de concilier fonction et esthétique épurée ». Pour le revêtement de façade, le maître d’ouvrage a opté pour la technique Shou Sugi Ban, ou technique du bois brûlé, noirci. La pièce de vie double hauteur est en connexion étroite avec les zones extérieures grâce aux immenses vitres et à la porte pliante vitrée. Autre idée intelligente : l’auvent asymétrique avec finition intérieure en bois de pin modifié thermiquement. Histoire non seulement d’éviter la surchauffe en plein été, mais aussi de parachever joliment cet archétype de la construction en CLT.   

FICHE DU PROJET

Projet : archétype de construction en CLT
Situation : Aalbeke
Architectes : Adaptief, atelier d’architecture durable

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